INVESTISSONS DANS UNE SOLUTION

Personne ne grandit dans l’optique de devenir sans abri. Et pourtant, dans la réalité, la plupart d’entre nous pourrions perdre notre logement au bout de trois chèques de paye de retard.

À Ottawa, trop de familles et de personnes vivent dans des situations de logement instables ou inappropriées depuis trop longtemps. En 2018, au moins 350 familles d’Ottawa ont vécu un épisode d’itinérance, à un moment ou à un autre, qui les a obligées à se tourner vers un refuge. 

Pour répondre à cette forte demande de refuges familiaux et héberger des familles jusqu’à ce qu’un logement permanent leur soit trouvé, la Ville recourt à la location de chambres de motel, dont les coûts peuvent atteindre 3 300 $ par mois. Souvent, ces familles peuvent attendre plus de huit mois dans une chambre de motel.

Cette instabilité a des effets durables sur les familles. Des études ont montré que les enfants qui vivent des épisodes d’itinérance présentent un risque accru de se retrouver sans toit au cours de leur vie. Sans solution, nous ne faisons que jeter de l’argent par les fenêtres.

Nous sommes en situation de crise et les habitants de notre ville en souffrent. Pour le Conseil, le temps est largement venu de jouer un rôle de premier plan et d’adopter une stratégie d’investissement sérieuse, axée sur de nouvelles options de logement commençant en 2019 et se prolongeant durant les quatre années du mandat de ce Conseil.

Pour faire face aux situations d’urgence actuelles, nous proposons de prélever une taxe de 1 % sur le relevé d’impôt au cours des quatre prochaines années et de la réserver uniquement à l’aménagement d’un parc de logements dont on a désespérément besoin. Cette mesure coûterait au propriétaire moyen 23 $ /an (moins que le coût d’une tasse de café par mois) et permettrait au Conseil de consacrer 40 millions $ durant son mandat à la construction de solutions de logements abordables.

La nouvelle Stratégie nationale en matière de logement reconnaît le droit au logement comme un droit de la personne. Elle stipule que nous avons tous droit à vivre dans un logement approprié en toute sécurité, en bonne santé et en sûreté. Attendre qu’un plan parfait se matérialise et que des fonds proviennent d’ailleurs n’est plus une option. Il est déraisonnable de demander aux familles sans logement de continuer à attendre pendant que nous nous interrogeons sur l’avenir d’une solution pour sortir de cette crise.

Comme nous l’avons appris de l’éviction massive de Heron Gate l’été dernier, date à laquelle 104 familles – dont des enfants – ont été expulsées de leur logement, la Ville n’est ni prête ni équipée pour protéger les habitants de la perte de leur logement.

En répondant au besoin accru de logements abordables dès aujourd’hui, nous pouvons commencer à faire avancer le dossier de l’itinérance et à imaginer une époque où nos refuges seront vraiment réservés aux cas d’urgence. 

Finalement, cette crise est le fruit d’une inégalité et d’une pauvreté criantes perpétuées par l’inaction politique continue.  Mais nous pouvons y remédier. Nous pouvons imaginer un avenir où nous n’aurons plus à nous inquiéter des refuges, parce que nous n’aurons tous un logement.